Guid’Asso c’est un réseau d’acteurs très divers qui ont un point commun au moins : ils souhaitent soutenir et défendre le fait associatif. Autour de la table ce lundi 26 janvier 2026 dans les locaux du Cridev à Rennes, des représentant·es d’associations d’animation de la vie sociale, de lutte contre les oppressions systémiques, de promotion de l’ESS… Mais aussi des agents de collectivité locale, du Département et de l’Etat
Pourquoi est-ce si important ? Comment si prendre ? Jusqu’où peut-on aller ? Voilà des questions qui ont animé les échanges de 14h à 17h30. Afin de stucturer les échanges, les 8 personnes présentes se sont donné de la méthode, en s’inspirant de la première session de ce Groupe de Travail. Au programme :
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- 14h – Rappel du contexte, annonce du déroulé, prise de notes « mythes associatifs »
- 14h15 – Enonciation de situations-problèmes, en lien avec les collectivités ou l’État, venant interroger la notion de « fait associatif »
- 14h40 – Choix d’une situation, dépliage des faits
- 15h10 – Premières hypothèses de « c’est quoi le problème »
- 15h40 – Pause
- 16h00 – Lectures d’articles et partage de trouvailles
- 16h30 – Retour à la situation : problèmes-explications-actions
- 14h – Rappel du contexte, annonce du déroulé, prise de notes « mythes associatifs »
Ce qu’il en ressort ?
Beaucoup d’hypothèses et de questionnements, difficiles à restituter hors de leur contexte. Et quelques constats et points de vigilances :
- La politique associative d’une commune n’est pas toujours homogène car constituée d’une pluralité de points de vue (Maire, élus, techniciens, etc.). Dans des relations association-commune, il y a un enjeu à clarifier autant que possible les orientations et les principes directeurs d’une coopération pour éviter de se retrouver soumis à des injonctions contradictoires. Il faut s’avoir identifier et nommer rapidement que l’on dévie des objectifs initiaux – garder des traces écrites ! ;
- Il y a souvent une confusion entre « subvention », « financement d’actions », « délégation de service public ». Il est important de se demander « Qui est à l’origine du projet ? Qui est à l’initiative ? Qui a caractérisé l’importance du projet ? » ;
- La non mise en concurrence des associations réclame à la fois la plus grande transparence des institutions publiques et une volonté de dialogue des associations (entre elles et avec les institutions). Considérer le « fait associatif » c’est s’entendre sur le fait que des intérêts divergents coexistent en permanence, et que, dans le mesure où des gens se réunissent pour des intérêts, ces derniers ne peuvent être niés ou écrasés. La difficulté réside dans le fait de faire sentir à toutes et tous qu’au-delà des intérêts divergents, nous partageons ce bien commun qu’est notre liberté de nous réunir et de nous organiser pour des intérêts collectifs.
- Il existe une contradiction inhérente aux associations : elles sont dépendantes matériellement des pouvoirs publics (financement, locaux) et sont en même temps, par essence, indépendante politiquement des pouvoirs publics. Cette contradiction est souvent méconnue ce qui tend à faire disparaître l’indépendance politique au profit de la dépendance matérielle.
- Des efforts ont été fournis pour éviter le clientélisme (notamment dans l’attribution de subvention, en numéraire ou en nature). Cependant, ces efforts semblent avoir pour partie engrangé une bureaucratisation du milieu associatif qui reste impuissante face aux pratiques clientélistes. L’usage (en voie de disparition) de comités mixtes (élus, agents, représentants associatifs) chargés de statuer sur l’attribution des fonds dédiés aux associations semblent être le meilleur garde-fou à la fois à la bureaucratisation et au clientélisme.
Et quelques mythes à combattre dans le monde associatif :
« Les associations sont complètement autonomes politiquement de par leur statut juridique »
« C’est normal que les collectivités mettent leur grain de sel dans le projet de l’asso quand il y a subvention »
« Mettre en place des critères objectifs pour l’attribution des financements évite toute forme de partialité et de clientélisme »
« La relation interpersonnelle aux élus fait partie du métier de direction/coordo d’association »